Mes réflexions du quotidien en tant que directeur et enseignant. Ce qui m'inspire, me questionne et me fait avancer.
Billet d'humeur 8 — On parle de bien-être à l'école. Mais ce concept, on en fait quoi ?
Mars 2026
Ces dernières semaines, j'ai écrit un courrier aux familles.
Pas un courrier de rentrée. Pas une invitation à la kermesse.
Un courrier sur les incivilités. Entre adultes. Entre élèves. Des situations qui ont eu des suites.
Pas vraiment le genre de truc qu'on apprend à gérer en MEEF.
Et pourtant. Au moment de l'écrire, j'ai pensé à l'équipe avant tout. Aux collègues qui encaissent. Qui sourient le lendemain matin devant 25 enfants. Qui font comme si.
Parce qu'on fait toujours comme si.
L'école doit rester un espace de confiance — c'est ce que j'ai écrit aux familles. C'est vrai. Mais un espace de confiance, ça se construit aussi pour les adultes qui y travaillent. Pas seulement pour les enfants.
Le bien-être : beau mot de circulaire
Le bien-être à l'école, c'est devenu un beau mot de circulaire.
Des tableaux de bord. Des formations. Des référents. Des enquêtes anonymes.
Ce que j'observe sur le terrain, c'est autre chose : c'est un café bu trop vite entre deux récréations. C'est une blague dans la salle des maîtres qui désamorce une tension. C'est un collègue qui prend le temps de demander « ça va, toi ? » — et qui attend vraiment la réponse.
Le bien-être, ce n'est pas un dispositif. C'est une culture.
Et cette culture-là, on la construit malgré. Malgré les tensions. Malgré les courriers difficiles. Malgré les situations qui débordent du cadre.
On la construit quand même. Et franchement, ça mérite qu'on en parle.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Le bien-être des enseignants n'est pas un luxe. C'est une condition.
Une condition pour être présent, disponible, vivant professionnellement.
Et vous — comment vous tenez, dans vos écoles ? 👇
Billet d'humeur 7 — Pourquoi suis-je incapable de faire deux années de suite la même chose ??
Mars 2026
C'est plus fort que moi.
Chaque année, je me dis « Cette fois, je garde ce qui fonctionne. Je stabilise. Je ne change plus rien. »
Et chaque année... je recommence une grande partie du travail.
Pas par masochisme. Pas par ennui. Mais parce que je vois toujours comment faire mieux. Autrement. Différemment. Mais souvent après 😋
Le Plan de Travail : une évolution permanente
Au début, c'était simple. Un plan de travail sur une seule matière. Je m'en souviens comme si c'était hier : la géométrie. Une feuille A4 recto-verso.
Et puis j'ai voulu enrichir. Complexifier. Personnaliser.
Du PLAN DE TRAVAIL, je suis passé au PROGRAMME DE TRAVAIL. Plus complet. Plus ambitieux. Incluant plusieurs disciplines. D'ailleurs Programme de travail parce qu'il s'agit d'une Feuille de route donnée aux élèves donc autant appeler un chat un chat !!
Est-ce que c'était nécessaire ? Probablement pas pour tout le monde. Pour moi, oui. Parce que je ne supportais plus les limites de l'ancienne version.
Les disciplines de Découverte du Monde : le grand chantier
L'Histoire : enfin une stabilité !
Ah, celle-là... Je peux le dire avec fierté : mes supports sont stabilisés depuis deux ou trois ans.
Genially est devenu mon allié. Les présentations interactives, les frises chronologiques dynamiques, de la vidéo... J'ai trouvé ma formule.
Pour une fois, je ne change pas. Et ça fait du bien.
Les Sciences : le chaos créatif
Par contre, là... C'est le festival.
Chaque année, je modifie mes fiches. Je réécris mes évaluations. J'ajoute des projets. J'en retire d'autres.
De la manipulation d'une boîte en carton faite maison pour comprendre les phases de la Lune une année … Foxar, géniale application, une autre année … L'an prochain ? Je ne sais pas encore. Mais ce sera différent. J'en suis certain.
Pourquoi ? Parce que les sciences évoluent. Les ressources évoluent. Les besoins des élèves évoluent.
Et parce que... je ne peux pas m'en empêcher.
Est-ce un défaut ou une qualité ?
Je me suis longtemps posé la question.
Les collègues qui gardent les mêmes supports depuis dix ans... Ils ont tort ? Ils ont raison ?
La vérité, c'est qu'il n'y a pas de bonne réponse.
Certains trouvent leur équilibre dans la stabilité. Moi, je le trouve dans le mouvement.
L'important, c'est que les élèves apprennent. Et ils apprennent. Avec mes fiches qui changent chaque année. Avec mes projets qui se réinventent. Avec mon incapacité chronique à faire deux fois la même chose.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Ne pas refaire deux fois la même chose, ce n'est pas de l'instabilité. C'est de l'évolution.
C'est accepter que ce qui fonctionnait hier peut être amélioré demain.
C'est rester vivant professionnellement.
Et ça, je refuse d'y renoncer.
Billet d'humeur 6 — Directeur ET enseignant : jongler au quotidien
Mars 2026
Ce billet d'humeur parle de cette double casquette que certains d'entre nous portent chaque jour.
7h15. J'arrive à l'école. J'avoue je suis matinal… mais alors pas du tout soirinal 😋
Je pose mes affaires en classe et/ou au bureau je fonce au bureau de direction et/ou dans ma classe.
En général, assez rapidement, un collègue vient me voir pour quelque chose d'urgent… ou un parent m'a écrit sur One pour quelque chose d'encore plus "urgent".
7h28. Le problème est réglé. Enfin... la plupart du temps…
7h45. Le gros des troupes arrivent. J'ai intérêt d'être prêt et d'avoir photocopié ce qui devait l'être car c'est le rush en salle des maitres !!
À ce moment-là, si je suis en classe la journée, je cours vers ma classe pour préparer mon installation du matin (détaillée en vidéo sur mes réseaux).
8h20. J'ouvre le portillon de l'école et accueille tous les élèves.
J'écrirai d'ailleurs un billet sur le mot "BONJOUR" prochainement…
8h30. J'accueille mes élèves avec le sourire. Comme si de rien n'était.
Voilà.
C'est ça, être directeur et enseignant.
Jongler. Tout le temps.
Il y a les matinées où tout roule. Où je peux me consacrer entièrement à mes CM2. Où les apprentissages avancent. Où je me sens pleinement ENSEIGNANT.
Et puis il y a les autres matinées... nombreuses…
Celles où mon téléphone vibre dans ma poche parce que la mairie a une urgence ou que le portail sonne… oui, je sais… je suis vraiment geek mais j'ai demandé à la Mairie d'équiper l'interphone d'un relai pour qu'il sonne sur mon téléphone, ce qui m'évite de descendre les marches 4 à 4… Je vois le portail du premier étage depuis le palier avant d'ouvrir !!
Celles où un collègue frappe à ma porte parce qu'il y a un conflit à gérer dans la cour, un chien qui a fait irruption dans la cour, des chatons nouveau-nés découverts sous les passerelles de l'école….
Celles où la Circonscription appelle et où je dois sortir de classe en plein milieu d'une séance.
Ces jours-là, je me sens coupé en deux. Ou plutôt, j'ai la sensation de subir ma journée plutôt que de la vivre…
Avec le temps, j'ai appris quelques trucs. Des "stratégies de survie", en quelque sorte.
J'ai appris à DÉLÉGUER, un peu. Pas tout porter sur mes épaules. Faire confiance aux collègues, aux parents délégués, aux élèves eux-mêmes.
J'ai appris à COMPARTIMENTER, un peu plus. Quand je suis en classe, je suis en classe. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai déménagé dans ma classe à l'étage alors que pendant plus de 10 ans, j'étais dans la classe à côté de mon bureau de directeur.
J'ai appris à ACCEPTER l'imperfection, à peine !! Non, je ne serai jamais le directeur parfait ET l'enseignant parfait en même temps. Et c'est plutôt mieux.
Mais il y a aussi des avantages à cette double casquette. Des choses qu'on oublie de mentionner.
Je connais TOUS les élèves de l'école. Pas juste les miens. Je les vois grandir année après année.
J'ai une vision GLOBALE. Je comprends les enjeux à l'échelle de l'école, pas juste de ma classe.
Je peux IMPULSER des projets. Le projet V2, les iPads, la classe flexible... le projet GRAFF, le tout premier projet en 2013… J'ai pu les mettre en place aussi parce que j'avais la casquette de directeur.
Alors oui. C'est épuisant parfois. Souvent, même.
Mais quand je vois ce qu'on a construit dans cette école... Quand je vois mes élèves épanouis dans leur classe modulable... Quand je vois mes collègues motivés par nos projets communs...
Je me dis que ça vaut le coup.
Le jonglage permanent. Les journées à rallonge. Les week-ends à rattraper les dossiers...
Ça vaut le coup.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Ce qui me tient, c'est l'esprit d'équipe.
Ces collègues qui comprennent quand je dois filer en pleine récré.
Ces élèves qui savent que parfois, "Maître doit aller régler un truc". Cette confiance mutuelle qui permet de tenir.
On ne porte pas cette double casquette seul.
On la porte ensemble.
Billet d'humeur 5 — La quête permanente du système parfait
Février 2026
Je suis un éternel insatisfait (ce n'est pas moi qui le dit... mais la personne qui me connaît le mieux !!).
Surtout quand il s'agit d'outils numériques. En fait... pas que mais ce n'est pas le sujet 😉
Vous connaissez cette impression que le système parfait existe... quelque part. Aucune friction, tout serait fluide, efficace, magique.
Spoiler : ce système n'existe pas 😅 Mais ça ne m'empêche pas de le chercher. Encore et encore.
Les systèmes d'exploitation
Linux. J'y ai cru. La liberté totale. La personnalisation infinie. Le côté « Je maîtrise ma machine » et je suis libre ! Et puis... les heures passées à configurer. Les incompatibilités. Le temps perdu au lieu du temps gagné.
Windows. Le classique. Celui que tout le monde utilise. Celui qui « juste fonctionne ». Sauf quand il décide de faire une mise à jour de trois heures pile quand tu dois débuter la classe. Mais non je ne suis pas méchant... D'ailleurs j'ai tout de suite posé le cadre : aucune action chez qui que ce soit... Juste un parcours qui est le mien.
Apple. Mon choix actuel. L'écosystème. L'intégration. La fluidité.
Est-ce le système parfait ? Non. Mais c'est celui qui me fait le moins perdre de temps. Et à ce stade de ma vie professionnelle... c'est l'essentiel.
Les logiciels de traitement de texte : le grand dilemme
Word, Pages, Google Docs, LibreOffice... J'ai tout testé, plusieurs fois, sous toutes les coutures !
Et la vérité, c'est que chacun a ses atouts, mais aucun n'est parfait.
Du coup, je finis toujours par choisir celui qui s'adapte le mieux à la situation. Mon côté perfectionniste grince des dents, mais mon pragmatisme, lui, prend le dessus !
Les applications de prise de notes : le combat sans fin
Notability et GoodNotes, deux géants qui s'affrontent pour conquérir nos/vos tablettes.
J'ai personnellement testé les deux en profondeur, passant de l'un à l'autre, puis suis revenu en arrière et j'ai repris le chemin inverse.
Chaque mise à jour me pousse à reconsidérer mon choix, et chaque nouvelle fonctionnalité chez le concurrent me fait hésiter. C'est d'ailleurs un peu comme ça tout le temps avec mes outils...
C'est un vrai casse-tête, mais c'est aussi ce qui me motive à rester informé, à explorer les nouvelles possibilités, et à ne jamais me reposer sur mes lauriers.
En ce moment ? Je n'utilise plus ni l'un ni l'autre 😉 J'ai opté pour les prises de notes rapide via un raccourci que j'ai créé et qui m'enregistre un vocal, avant de le transcrire via Apple Notes et l'envoyer dans ma base de données "idées" sur Notion... Mais j'y viens 😉
Obsidian vs Notion : le match du siècle
Ah, celui-là... C'est un vrai casse-tête !
Obsidian, avec ses fichiers Markdown en local, la propriété totale de ses données, ses liens bidirectionnels et son graphe de connaissances... J'ai même opté pour une formation payante pour mieux le maîtriser... Si, si 💸💸 Bon, j'ai depuis résilié car la synchronisation ne m'apportait rien de plus.
Et Notion, avec son interface intuitive, ses bases de données, ses templates, sa collaboration et son intégration de tout avec tout... J'ai des workspaces Notion qui feraient pâlir d'envie un chef de projet. Je m'auto-censure car je me suis un peu emballé !!
Du coup, je navigue entre les deux, même si j'ai un peu choisi.
Et vous savez quoi ? C'est peut-être ça, la solution ! Ne pas choisir, tout simplement. Utiliser les forces de chacun, et accepter que le système parfait... c'est peut-être un écosystème imparfait mais complémentaire. Après tout, pourquoi choisir quand on peut avoir le meilleur des deux mondes ?
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Cette quête permanente, c'est aussi ce qui me rend curieux. Un vrai explorateur comme j'aime me qualifier. Ce qui me pousse à explorer. À ne jamais m'endormir sur mes acquis. Le système parfait n'existe peut-être pas. Mais le chemin pour le trouver... c'est là que se trouve la vraie richesse.
Billet d'humeur 4 — Ces instants suspendus qu'on ne voit pas dans les reportages sur l'école
Janvier 2026
Tu connais ce moment ?
Celui où tu relèves la tête de ton bureau, où tu regardes ta classe... et où tu réalises que personne ne parle. Pas parce que tu as crié. Pas parce que tu as menacé d'une punition. Non.
Parce que tout le monde travaille.
Vraiment.
Il y a cet élève dans son coin solo, concentrée sur sa fiche de travail. Cet autre élève sur l'iPad, casque sur les oreilles, absorbée par son exercice. Ce groupe d'élèves qui collaborent sur un projet d'écriture pour notre newsletter, mais en chuchotant, VRAIMENT en chuchotant. Tous ces élèves, chacun à leur place, chacun dans leur tâche.
Et toi, tu restes là, debout, presque en apnée. En tout cas bouche béé !!
Parce que tu as peur de briser ce moment. Comme si le moindre mouvement allait faire s'envoler cette magie.
Ce silence-là, il ne s'impose pas. Il se construit.
Il est le fruit de semaines, de mois de travail. De règles répétées cent fois. De conflits réglés. D'ajustements permanents. Des "non, là c'est trop bruyant, on recommence". Des "oui, là c'est parfait, vous avez vu comme c'est agréable ?".
Ce silence-là, il a une texture particulière. Ce n'est pas le silence de l'ennui. Ce n'est pas le silence de la crainte. C'est le silence de la concentration. Le silence de l'engagement.
Et parfois, honnêtement, ça m'émeut. En fait, ça m'émeut à chaque fois 🥲
Parce que derrière ce silence, il y a la confiance. La leur, envers le système qu'on a construit ensemble avec moi à la barre. La mienne, envers leurs capacités à travailler seuls.
On me demande souvent : "Comment tu fais pour avoir une classe si calme ?"
Je n'ai pas de recette miracle. J'ai juste de la patience. De la persévérance. Et cette conviction profonde que les enfants PEUVENT travailler dans le calme si on leur en donne les moyens. Et qu'ils travaillent tellement mieux dans le calme.
La classe modulable, les coins solos, les iPads, le Programme de Travail... tout ça participe à créer les conditions de ce silence.
Mais la vraie clé, c'est la confiance.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Ce silence n'est pas un objectif en soi. C'est un indicateur. L'indicateur que quelque chose fonctionne. Que les élèves ont trouvé leur place, leur rythme, leur équilibre. Et quand il survient, même quelques minutes, il faut savourer. Parce que c'est une des plus belles récompenses de ce métier.
Billet d'humeur 3 — La reconnaissance vient rarement... de l'Institution
Janvier 2026
Parlons d'un sujet qui fâche. Ou plutôt... qui désole.
Quand on s'investit corps et âme dans son métier de Directeur d'école, quand on passe des heures à innover, à tester, à recommencer... on aimerait parfois un petit signe. Une reconnaissance. Un merci. On ne doit pas œuvrer pour la reconnaissance, sur ce point, pas de débat. Mais un signe... Juste pour dire : "Vous êtes sur le bon chemin, continuez..."
Et cette reconnaissance... elle vient. Oui, elle vient. Mais rarement d'où on l'attend.
La reconnaissance des élèves
Elle est là, tous les jours. Dans leurs yeux quand ils comprennent enfin. Dans leur sourire quand ils réussissent. Dans ce « Monsieur, c'était trop bien aujourd'hui l'école ! » lâché à la fin d'une journée.
Cette reconnaissance-là, elle n'a pas de prix. Elle est spontanée, sincère, désarmante.
Elle me porte. Littéralement. Et même après... autant d'années 😉
La reconnaissance des familles
Elle prend du temps à venir. Normal. Les parents doivent d'abord comprendre ce qu'on fait. Pourquoi on le fait. Et surtout... voir les résultats.
Mais quand elle arrive... Quel bonheur. Ce petit mot glissé au portail le matin. Ce « Mon fils n'a jamais autant aimé l'école ». Ce regard complice lors d'une réunion du Conseil d'École.
Les familles, quand elles adhèrent, deviennent des alliées précieuses. Des soutiens indéfectibles.
La reconnaissance des pairs
Celle-ci est plus rare. Plus discrète aussi.
Une question posée en salle des maîtres sur « comment tu fais pour... ». Un partage de ressources qui devient un échange.
Quand un pair reconnaît la valeur de ce qu'on fait, c'est fort. Parce qu'il sait. Il comprend les difficultés, les doutes, les échecs avant les réussites.
La reconnaissance des partenaires
Là, j'ai une anecdote. Une vraie.
Quand j'ai été nommé directeur faisant fonction, j'ai bien failli perdre mon poste. Les arcanes administratives, les jeux politiques... Je vous passe les détails.
Mais vous savez quoi ?
Tout le monde s'est mobilisé.
La mairie. La MJC. Le Centre Social. Le Collège. Les parents. Les collègues. Les partenaires avec qui je travaillais depuis deux ans seulement. Ils ont écrit. Ils ont témoigné.
Ce jour-là, j'ai compris que la reconnaissance existe. Qu'elle est puissante. Qu'elle peut déplacer des montagnes administratives.
La reconnaissance tierce : Apple, Canva...
Et puis il y a ces reconnaissances venues d'ailleurs. D'entreprises qui valorisent l'innovation pédagogique.
Apple Teacher. Apple Learning Coach. Canvassador Education France.
Ces certifications, ces titres... Ce n'est pas du vent. C'est la reconnaissance d'un travail. D'une expertise. D'un engagement.
Et l'Institution dans tout ça ?
Silence radio. Ou presque.
Je ne suis pas amer. Enfin... pas trop. J'ai appris à fonctionner autrement.
Mais je trouve ça dommage. Vraiment dommage.
Parce que la reconnaissance institutionnelle, elle a un pouvoir immense. Elle pourrait valider des pratiques. Encourager l'innovation. Donner envie à d'autres de se lancer.
Et quand elle manque... elle décourage. Elle isole. Elle fatigue.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
La reconnaissance vient de partout... sauf de là où elle devrait naturellement émaner. Alors je me nourris de celle des élèves, des familles, des pairs, des partenaires. Et je continue. Parce que c'est pour eux que je fais tout ça. Pas pour un tampon sur un dossier.
Billet d'humeur 2 — Le plaisir d'un travail d'équipe
Décembre 2025
Ce second billet d'humeur est effectivement un billet de bonne humeur.
Lorsque j'organise trois heures de travail en équipe un mercredi matin du mois de décembre et que tout se passe comme ça, on ne peut que ressentir le besoin de transmettre, de partager ce billet de bonne humeur.
Trois heures consacrées à un axe fort de notre projet d'école en réécriture, réflexion qui est issue de notre évaluation d'école de l'an dernier et qui nous a vu nous pencher sur la thématique du climat scolaire.
Nous sommes certes privilégiés, mais constatons semaine après semaine, mois après mois, année après année que les incivilités, notamment entre enfants, augmentent de façon importante. Nos élèves ont de plus en plus de difficultés à discuter entre eux sereinement, à se parler convenablement, à ne pas se bousculer pour un oui pour un non, sans forcément qu'il y ait de violence, bien entendu, mais tout cela participe à un climat scolaire qui est un peu moins serein que précédemment.
Nous avons décidé donc d'accentuer notre vigilance et surtout notre travail autour d'un axe développant l'empathie.
Oui. Et en proposant à deux collègues (CE2 et CM2) de se charger de prémâcher le travail pour ne pas que nous ayons à démarrer de zéro en ce mercredi matin, j'étais loin de me douter que j'assisterai à une véritable animation pédagogique digne de ce nom avec un support de présentation, un petit livret, un premier petit jeu de cartes plastifiées et surtout une bibliographie sur laquelle nous nous appuierons et des achats à venir pour fournir toutes les classes.
Nous n'avons pas vu passer le temps et avons passé un réel moment de plaisir professionnel qui se poursuivra dès fin janvier avec la deuxième session de 3 heures sur les 9 heures consacrées à notre année 2 d'évaluation d'école.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Cette session de travail m'aura conforté dans cette idée que provoquer les discussions, renforcer l'esprit d'équipe, veiller à déléguer sont les garants d'un travail efficace, serein et fructueux.
Billet d'humeur 1 — Ces moments où l'on se sent un peu seul sur son chemin
Novembre 2025
Quand on décide de faire les choses différemment, on s'expose.
On s'expose aux questions. Aux doutes des autres. Parfois à leur incompréhension. Et même si on est convaincu de ce qu'on fait... ça peut peser.
Quand je me suis lancé dans ce projet fou "Martel V2", j'ai su que ce ne serait pas qu'un long fleuve tranquille...
Mais si j'avais su !!
Je me souviens de ce collègue qui m'a dit, avec un sourire en coin : "Toi et tes iPads, tu verras, ça te passera. Moi j'ai pas prévu de changer..."
Ou de ce parent, lors d'une réunion, qui s'inquiétait : "Mais ils apprennent vraiment à écrire, vos élèves ? Je comprends ce que vous dites mais je suis anti numérique !!"
Au début, je sortais les études. Les arguments. Les preuves. J'avais l'impression de devoir convaincre le monde entier que je ne faisais pas n'importe quoi avec "leurs" enfants.
Je me justifiais. En quelque sorte.
Et puis j'ai compris quelque chose.
On ne peut pas convaincre tout le monde. Et ce n'est pas grave.
Ce qui compte, c'est ce qui se passe dans ma classe. Avec mes élèves. Au quotidien. Les progrès que je vois. L'autonomie qui se développe. Cette petite étincelle dans leurs yeux quand ils réussissent quelque chose de nouveau.
Le regard des autres, j'ai appris à l'accueillir différemment... Enfin, je devrais plutôt dire ceci : le regard des autres, j'essaye de l'accueillir différemment. Et j'y travaille. Jour après jour !!
Le scepticisme d'un collègue ? C'est peut-être sa façon de se protéger. De ne pas remettre en question ses propres pratiques.
L'inquiétude d'un parent ? C'est de l'amour pour son enfant. Tout simplement.
La réticence d'un élu de l'opposition lors d'une commission pendant laquelle j'ai défendu le projet ? C'était à coup sûr une simple opposition politique... Sans réelle motivation.
Alors maintenant, je ne cherche plus à convaincre.
Je fais. Je montre. J'invite ceux qui veulent voir à venir dans ma classe.
Et souvent... le regard change.
💡 Ce qui me conforte dans ma pratique
Le regard des autres n'est pas un obstacle. C'est un miroir.
Il nous pousse à nous questionner. À affiner nos choix. À rester humbles.
Et parfois, avec le temps, ce regard devient celui d'un allié.
Innover, c'est aussi accepter d'être incompris... pour un temps.